MANAA : mon expérience

La fin de l’année scolaire arrive à grand pas, et c’est la dernière ligne droite: bac, prépa, licence, BTS… Je sais que beaucoup d’entre...



La fin de l’année scolaire arrive à grand pas, et c’est la dernière ligne droite: bac, prépa, licence, BTS… Je sais que beaucoup d’entre vous sont en période d’examens et n’ont en tête que les révisions. Mais qui dit deuxième semestre dit également ORIENTATION!
Bon, moi j’ai passé le cap depuis 4 ans déjà, mais je n’ai pas que des bons souvenirs de cette période de doute, où j’étais censée déterminée mon avenir sur un logiciel miteux en classant dans l’ordre mes possibilités de carrières.

Finalement, ça a été plutôt simple pour moi car j’ai trouvé ma voie rapidement et j’ai toujours su que je voulais travailler dans la mode. Préparant un BAC général, j’étais vouée à faire une Mise à Niveau en Arts Appliqués, ou MANAA pour les intimes. Il s’agit d’une année de prépa préalable à toutes les filières artistiques.

Il y a 4 ans, j’ai fais beaucoup de recherches sur internet pour trouver des avis sur cette formations, et j’étais bien contente d’avoir quelques conseils. Aujourd’hui, c’est à mon tour de rendre la pareille en vous proposant mon propre témoignage.

A SAVOIR / PRATIQUE

Je vais être assez brève sur les modalités du cursus car ce sont des infos que vous pouvez trouver facilement sur les sites des écoles. Cependant, il y a encore beaucoup de confusions dans les informations.

• La MANAA est accessible après n’importe quel BAC et vous sera obligatoire pour accéder à la plupart des BTS dits « artistiques »
• Il existe des écoles publiques mais les places sont très restreintes. Les écoles privées sont quant à elles plus ouvertes mais il faut y consacrer un bon budget. Je ne pense pas que les MANAA publiques soient d’une qualité forcément supérieure, contrairement aux préjugés.
 La MANAA ne requiert aucune compétence ou connaissance dans l’art et le design. Il suffit d’avoir une sensibilité, de la curiosité et un minimum de culture artistique.
 La pratique du dessin ou d’une technique artistique est un plus mais n’est pas obligatoire. Beaucoup de mes camarades sont entrés dans la formation sans savoir dessiner.
• La MANAA ne compte pas comme un BAC +1 puisqu’il s’agit d’une année préparatoire.
• Il est préférable de faire votre MANAA dans l’école ou vous envisager de faire votre BTS ou DMA (ou autre formation), car vous serez forcément prioritaire sur les admissions. En plus, certaines MANAA privées "hors contrat" ne donnent accès qu'à leurs propres formations.
• Vous pouvez très bien faire une MANAA sans vraiment savoir le domaine (artistique, bien sur) exacte dans lequel vous voulez poursuivre. Au contraire, la formation vous aide à trouver votre voie.



Dessins d'observation de la nature, de la ville. Représentation de la perspective. Portraits et proportions du visage. Dessin d'observation. Croquis de nu 
LES COURS

Le programme diffère selon les écoles mais le socle reste à peu près le même, le but état de remettre à niveau tous les élèves. La formation se divise donc en trois grands pôles :

L’école LISAA dans laquelle j’ai fais mon année de MANAA propose aussi au second semestre des ateliers découverte en mode, graphisme et espace, afin de s’orienter plus concrètement.
Expérimentation plastique : photomontage, découpage, recherche de couleurs et de matières, cahiers de création
MON EXPERIENCE

J'ai postulé dès janvier à l'école LISAA. Les admissions sont sur entretiens, et tout le monde peut y accéder. Ce n'est vraiment pas compliqué. Il suffit simplement de présenter un micro-book avec quelques dessins, peintures, photographies ou autres créations personnelles. On nous pose ensuite quelques questions de culture artistique assez bateau, mais la pertinence de nos réponses ne sont pas tellement prise en compte. Concrètement, dans ce genre d'école privée, il suffit de payer pour entrer, malheureusement.

Si j'avais pu sauter l'année de MANAA je l'aurais fais volontiers. Je ne dis pas que j'étais sur-douée, mais la plupart des compétences acquises cette année-là n'ont clairement rien à voir avec mon métier de styliste. Alors ok, c'est bien pour développer sa sensibilité artistique et varier les techniques, et avec un peu de recul, je suis contente d'avoir acquis toutes ses connaissances.

Dans le module d'enseignement général, j'ai été dépitée de devoir renouer avec les maths et les sciences, après un bac littéraire, et de devoir assister à des cours de français très médiocres. De même, le niveau d'anglais était terrifiant, et je pense vraiment avoir régresser durant l'année. 
Le module d'enseignement artistique était super intéressant. On nous a appris à dessiner un corps sont tous les angles, à nuancer les traits de nos dessins, à représenter des perspectives d'architectures, à dessiner des objets avec une précision photographique. L'expérimentation plastique est une matière plutôt WTF où on nous a fait faire des mélanges de gouaches pendant 1 mois, puis des livres de matières (remplis de bouts de cartons et autres papiers bulle), puis enfin une ville en déchets. Je n'ai JAMAIS compris pourquoi. 
L'enseignement professionnel n'est pas très poussé en MANAA : Découverte Adobe Illustrator et Adobe InDesign en infographie, initiation à la méthodologie d'une étude de cas, démarche de création... J'ai découvert le domaine passionnant qu'est la sémiologie (l'étude des signes) et j'ai pu approfondir ma culture artistique, ce qui est primordial en tant que futur créateur !

Projets typique d'un atelier design graphique : typographie, déclinaison d'un élément graphique, illustration et bande dessinée, affiche et événementiel, packaging...
LE RYTHME

Au niveau du rythme, il est nécessaire de s'organiser très très rapidement. Il y a toujours 5 ou 6 projets en cours et dossier à rendre aux mêmes échéances. Au bout de deux ou trois semaines, certaines personnes sont déjà submergées par la charge de travail et commencent à accumuler les nuits blanches. Avec un peu de méthodologie et de pro-activité, je n'ai pas fait une seule nuit blanche de l'année, et j'ai même réussi à avoir une vie à côté. 
A l'inverse d'une fac, il y a un réel suivi individuel sur chaque projet et on peut toujours compter sur les conseils des professeurs. Si vous avez peur d'être lâchés dans le vide et devoir vous débrouiller tout seul, ce ne sera jamais le cas en MANAA.

Projets typique d'un atelier design d'espace : analyse d'un espace selon une thématique, mise en situation de projet, dessin en trois dimensions, cartographie, signalétique
ET APRES?

La MANAA n’est pas une finalité en soi et ne vous servira à rien si vous ne poursuivez pas vos études. Grace à cette année, beaucoup de mes camarades se sont rendu compte que le domaine du design n’était pas fait pour eux. D’autre on eu des révélations et ont totalement changé d’avis. Par exemple, un de mes amis faisait cette mise à niveau pour entrer en BTS Design de Mode, avant de se rendre compte qu’il préférait le graphisme. Pour ma part, j'ai suivi mon souhait, et j'ai poursuit vers le BTS Design de Mode dans la même école!

LES PLUS

• Pour beaucoup, la MANAA est une année pour tester et pour choisir sa voie. J’ai aimé appréhender différentes techniques de dessin, de peinture, de sculpture, de photographie, et de m’exprimer comme je le voulais. 

• Malgré les sujets imposés, la MANAA autorise une certaine liberté dans les réponses créatives et les supports d’expression. C’est une bonne manière de se découvrir une affinité pour le fusain, la broderie, la photographie argentine… 

• Avant de choisir sa voie pour de bon, je trouve ça très bien d'être "obligé" de tester les autres filières (design graphique et design d'espace en ce qui concerne mon école). Car c'est quelque chose qu'on ne refera peut-être pas deux fois dans notre vie. 

Projets typiques d'un atelier de design de mode : illustration et cahier de création, moodboards/planches de tendances, recherches de matières, collage, créations de motifs, travail du papier...
LES MOINS

•  Je suis toujours désolée de constater que ce type de formation est réservé à l’élite. C’est très compliqué d’être accepté dans une bonne MANAA publique, et tout le monde ne peut pas se payer une année dans une école privée. Dans mon école, les étudiants ne pouvaient pas avoir de bourses, ce qui complique encore plus l’histoire.

• A certains moments, j’ai eu l’impression de m’éloigner de mon but, de mon projet de travailler dans la mode.
Je me suis souvent demandé « Mais a quoi ça va me servir? » et j’avais l’impression de perdre mon temps, de brasser de l’air et de gaspiller de l’énergie pour quelque chose qui ne me plaisait pas.

• La régression. Lorsque tu passes 6h à faire du coloriage, des villes en pots de yaourts ou des mélanges de gouaches, je peux t’assurer que tu n’est pas toujours fière d’expliquer tes projets à tes parents/ tes amis. Mes parents ont eu beaucoup de mal à comprendre le rapport avec le métier de styliste, et n'étant moi même pas convaincu par la pertinence de mes sujets, c'était très malaisant!


Si tu es intéressé par les MANAA, j'espère que cet article t'as plu et qu'il t'auras porté conseils! Pense à bien te renseigner sur la fiabilité de l'école où tu postules et à anticiper sur ton apprentissage. Si tu as déjà des pré-dispositions en histoire de l'art, dessin ou photographie, cela te fera beaucoup de choses à gérer en même temps! 
En tout cas, je suis disponible en commentaire si tu as des questions, je serai même très contente d'y répondre :) 



Article illustré avec des images provenant de Pinterest.
Bien sur, j'ai eu la bonne idée d'effacer et de jeter tous mes projets de MANAA...


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2 commentaires

  1. Merci beaucoup pour cet article, très détaillé et complet qui à mon avis aidera les futurs bacheliers à s'orienter ! Ah, comme j'ai entendu parler des MANAA à l'époque, j'avoue que j'aurais rêvé suivre une formation artistique. Mon frère a d'ailleurs fait un bac STI arts appliqués, et quand je voyais ce qu'il réussissait à faire j'étais toujours tellement impressionnée ! (Même si il est électricien aujourd'hui haha). Tu dois quand même avoir de belles notions en dessin et en graphisme après cela.
    Je suppose qu'il faut voir les MANAAs comme des sortes de "bacs généraux", c'est-à-dire que ce ne sont pas des formations professionnalisantes, mais qui ouvrent les portes pour des cursus de plus en plus précis. Je comprends sans problème par contre que ça doit être décourageant de suivre un bac général, déjà assez vague comme ça, et au moment où on pense enfin accéder à des formations plus poussées, retomber sur une autre formation tout autant généraliste. C'est une question de patience ensuite ! :)

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    1. Hello ! Merci pour ton commentaire! Oui c'est sur que maintenant j'ai de bonnes bases en dessin, que j'ai encore approfondi avec mon BTS derrière. Et oui, c'est sur que c'est un peu démoralisant de faire encore des trucs très "généraux" pendant un an... Mais je me disais bien que ce n'était qu'une étape pour ENFIN accéder aux études de mode :)

      Ninon

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